12e Siècle
Venise est en pleine ascension. L'Empire Byzantin essaie de la freiner sans y parvenir. Beaucoup d'édifices seront construits et la définition de certaines règles d'urbanisme commence à être établie.

| Certaines places, les campi (campo au singulier) sont doublées de surface pour accueillir des sièges de magistrature. En 1169 intervient un fait urbain important : la ville est répartie en six quartiers (sestiere) de part et d'autre du Grand Canal, avec à leur tête des magistrats choisis parmi les membres du Conseil des Sages. En 1172, l'architecte Nicolo fait placer les deux colonnes puissantes à l'entrée de la Piazzetta. Les travaux d'achèvement de la Basilique Saint Marc se poursuivent. Ils ne se termineront qu'au 15e siècle.
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Cloître de Sainte Apolline
Tout à côté de la basilique existe toujours le très beau cloître de Sainte Apolline, exemplaire unique de l'architecture romane de terre ferme, vestige d'un grand ensembble conventuel construit par Lorenzetti.
Le cloître montre une suite d'arcs supportés par d'austères colonnes jumelées ou simples.
Il abrite depuis 1964 le musée diocésain d'art sacré, le musée d'oeuvres d'art provenant des églises détruites et le musée lapidaire de la Basilique San Marco.
Saint Nicolas des mendiants Tout à fait dans l'ouest, où se trouvaient autrefois des habitants de condition très pauvre, on peut aller admirer le campanile, toujours debout, de l'église Saint Nicolas des Mendiants (San Nicolo dei Mendicati). C'était l'une des plus anciennes églises de Venise qui existait depuis le 7e siècle. Le campanile, isolé, est petit, en bon état, de proportions élégantes, et de plan carré sans embasement. Les colonnes de ses fenêtres trigéminées ont des chapiteaux à béquilles. L'architecture intérieure de l'église a été remaniée plusieurs fois. La façade s'ouvre sur un petit portique caractéristique des édifices religieux du Moyen Age.
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On peut aussi aller rendre visite, à l'est, au clocher de Saint Jérémie.
Sainte Marie et Saint Donat
Date aussi de ce siècle, la magnifique église de Sainte Marie et Saint Donat, dans l'île de Murano, au nord de Venise consacrée en 1140. Elle est d'un art roman teinté d'une note orientale.
La voûte de l'abside est encore décorée de la seule grande mosaïque qui reste de l'époque de sa construction. Entièrement édifiée en briques, elle a conservé son plafond de bois. Il faut aller admirer la richesse de sa partie absidiale, ses niches profondes, ses arcs moulurés sur colonnes géminées. La visite est indispensable.
Les constructions civiles et privées
 | Fondaco dei Turchi Le Palais des Turcs ( Fondaco dei Turchi) sur le Grand Canal, rive droite, est un édifice conçu comme maison-entrepôt d'un patricien négociant, sans doute la plus grande et la plus riche de l'époque. S'il n'avait pas été restauré profondément et même pratiquement reconstruit au 19e siècle, il serait resté l'exemple le plus important de l'architecture civile veneto-byzantine.
Il fut construit par le riche marchand Pesaro Palmieri, et racheté par le gouvernement de la république en 1381 pour loger le marquis de Ferrare Nicola V, puis l'Empereur Jean Paleologue en 1438 et Alphone d'Este en 1562. En 1621, l'Etat vénitien le céda aux marchands turcs qui en firent le centre de leur importante activité commerciale.
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En 1858, malheureusement une reconstruction arbitraire endommagea définitivement la beauté originelle de l'édifice. Seule la façade fut en partie préservée. Les imposantes arcades du rez-de-chaussée font penser au style roman tardif.
La magnifique loggia de 18 arcs byzantins couvre toute la façade entre les deux tours (torresselle) ornées de patères et de blasons.
La Fondaco dei Turchi est aujourd’hui le musée d'histoire naturelle, de la flore et de la faune de la lagune.
Le commerce atteignant une importance primordiale, la ville recouvre à la fin du 12e siècle, sur les campi (places) des maisons à loyer que les riches négociants concèdent à des artisans. Elles ont en général au rez-de-chaussée, un atelier ou une boutique et deux ou trois pièces à l'étage. Elles donnent sur la rue et comportent souvent une vitrine.
Quelques fenêtres sont géminées, en ogives avec cerceaux et motifs floraux et entrelacs.
Les briques sont apparentes comme l'époque le veut.
Les palais du 12e siècle Quant aux premiers palais, ils n'auront d'abord qu'un étage au-dessus de l'entrepôt des marchandises du rez-de-chaussée, avec galerie ouverte sur un salon central (
sala ou
portego).
Sur les côtés, les pièces plus petites abritent la vie de famille, jusqu'aux tourelles quelquefois.
Les façades se revêtent de
marbre. Les colonnes des galeries ont des chapiteaux sculptés. Les
corniches et les
frettes sont également sculptées.
Des
patères et des panneaux ornent aussi les façades qui se terminent souvent par une
crénelure de marbre blanc. On la retrouvera pendant plusieurs siècles au bord des toits pour ajouter au prestige des belles demeures.
Sur les façades, l'arc allongé caractéristique de l'
art byzantin ira peu à peu vers la forme incurvée en fer à cheval inspirée de l'
architecture arabo-mauresque, puis à l'
arc trilobé gothique qui sera la caractéristique du palais vénitien par excellence. L'exemple le plus solennel et le plus majestueux est celui du Palais des Doges.