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La Marine Marchande

Navire marchand vénitien

 

 

 

Les marchands, conscients que le commerce est pour eux le tremplin de la richesse, sont actifs sur toutes les places de Grèce, de Crète, d'Arménie et même d'Afrique du Nord.

La navigation maritime, ils le savent, permet à moindres frais et à une vitesse relative, des échanges fructueux qui, dès le 13e siècle, assurent l'essor triomphal du commerce et enrichissent la ville.

L'Empire Mongol offre des marchés prospères. La soie brute, les épices, les produits exotiques y sont disponibles en abondance. Les négociants s'y rendent pour établir des monopoles.

C'est également l'époque où la 4ème croisade (1204) aboutit à la prise de Constantinople avec la participation de Venise qui deviendra ainsi une des plus grandes places de commerce de l'Occident.

Ce sera l'apogée à la fin du 13e siècle et le maintien de sa position éminente jusqu'au 16e siècle : trois siècles de richesses et de gloire.

Sa position intermédiaire est avantageuse entre le monde occidental, le monde byzantin, la mer Noire, la Syrie, l'Egypte, l'Extrême Orient et les Mongols.

L'occident fournit le bois de l'Apennin, le fer de Carinthie, le cuivre de Bohême, l'or de Silésie, la laine et les draps, les toiles de lin et de chanvre.

L'Orient envoie les épices, les parfums, les matières premières que l'Europe demande pour ses manufactures : soie, coton, colorants, ambre.

Les Slaves fournissent du miel, de la cire, des fourrures, Byzance (Constantinople) vend des soiries, tissées, de l'or filé, des vins, le monde islamique échange ses cotons, ses cuirs contre blé, draps, corail, articles de fer.

Venise elle-même exporte le sel de sa lagune, ses miroirs, ses verres, le sucre, le blé, la laine, les peaux de ses colonies. Elle vend aussi ses propres constructions navales.
La plus grosse entreprise de voyage est évidemment la constrution navale que les marchands assument. Mais l'Etat vénitien, vigilant, contrôle ces activités maritimes pour renforcer le rôle de son propre arsenal au détriment des chantiers privés.

Il organise des convois, dans toutes les directions, il crée des lignes de navigations pour Constantinople, la mer Egée, la Syrie, Alexandrie, et à l'Ouest sur Barcelone, les Baléares, Valence, Séville, Lisbonne, Bruges et Londres. Ces convois de protection dispensent les acheteurs de coûteuses assurances.

L'Etat prévoit aussi la protection de ces convois par ses galères qui deviendront célèbres du 12e au 16e siècle, représentant la Sérénissime sur les mers et dans de nombreux ports d'Occident et d'Orient.

Les galères de l'Etat participent également au commerce. Leur capacité étant réduite du fait de la place occupée par les rameurs, elles ne transportent que des denrées précieuses de grande valeur.

L'organisation en convois protégés avait pour heureuse conséquence la régulation des transports de marchandises en évitant les disproportions de tonnages entre les importations et les exportations et en maîtrisant l'engorgement du trafic.

La République fournissait aux marchands intéressés par ce type de convois surveillés, un calendrier des époques favorables à la navigation.

Pour inciter l'adhesion aux mude (convois), des prêts et des primes leur étaient alloués.

Les comptes rendus qui émanent du palais des Doges au début du 15e siècle, donnent du commerce maritime une image impressionnante. Il était question de 300 navires employant 17.000 marins.

La plupart des marchands résidaient pour leurs affaires à l'étranger, à Bruges, à Raguse, à Constantinople. Leurs avoirs étaient considérables car ils pouvaient faire de 10 à 30 % de bénéfices par voyage, dans les deux sens.

Dans son jeune âge, l'aspirant au commerce étudie la comptabilité, et accompagne un membre de sa famille pour son initiation. On lui confie un lot de marchandises dont il aura la responsabilité et qu'il vendra à son propre bénéfice. Il réside quelques temps à l'étranger et devient correspondant. Sa culture pragmatique est fondée sur l'art des chiffres.

Les marchands vénitiens avaient inventé les comptes courants. Les sommes étaient déposées chez des changeurs et les négociants retiraient sur un simple écrit. S'ils avaient le même changeur, ils pouvaient ainsi se régler par un jeu d'écritures.

Ils développèrent la tenue de la comptabilité par grands livres, ainsi que la technique de la lettre de change.

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