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Le siècle de l'Art

Celui d'Antonio Vivaldi, musicien virtuose et compositeur brillant, celui de Pietro Longhi, auteur des ravissants tableaux de la vie vénitienne, celui de Tiepolo, peintre de la splendeur de la Sérénissime.

Pietro Longhi





Les constructions sont terminées. Sa croissance est ramassée en raison de l'exiguité des îlots sableux qui la soutiennent et de la difficulté de faire arriver les matériaux de construction.

La ville s'est transformée et embellie peu à peu, les bâtiments ont été plusieurs fois rebâtis ou rénovés avec les matériaux de récupération. La place manque.

Chaque époque a laissé en héritage la magnifique trace de son courant artistique.

On en est maintenant au Grand Siècle, celui des fêtes qui se succèdent d'une façon presque continue.

Le petit peuple est partout, ouvriers, artisans, boutiquiers, marchands ambulants, porteurs d'eau, allumeurs de réverbères à la cire, astrologues... Il n'y a aucune séparation de classe, pas de ''quartier chic ". Un grand palais peut cotoyer un logement modeste.

Le 18e siècle subit deux courants : celui de l'éxubérance mondaine, des fêtes et des jeux de hasard, et l'autre, rationaliste, sévère, ouvert aux idées philosophiques et artistiques.

C'est le siècle de l'Art, celui d'Antonio Vivaldi, musicien virtuose et compositeur brillant, celui de Pietro Longhi, auteur des ravissants tableaux de la vie vénitienne, celui de Tiepolo, peintre de la splendeur de la Sérénissime.

La Sérénissime vit, au 18e siècle, les dernières lueurs de son histoire millénaire en tant que République libre. Le Doge fête encore les épousailles de la mer, avec un faste immuable, bien que les derniers domaines coloniaux soient à jamais perdus.

La défaite définitive de l'Empire d'Orient annonce le déclin inexorable de celle qu'on appelait la reine de la mer.

Francesco Guardi - Il parlatorio delle monache di San Zaccaria (1746) - Venezia, Ca' Rezzonico L'art reflète ce climat politique. A une époque où les conflits ensanglantent l'Europe, Venise consciente de sa faiblesse, s'éloigne des affaires internationales et créé une paix ouatée, en recherchant les distractions et l'oubli.

La décadance économique isole la République du contexte européen. Elle se lance dans une extraordinaire floraison artistique et culturelle, et une liberté de moeurs qui frise la licence. Le peintre Francesco Guardi, peint les jeunes nonnes au parloir du couvent, charmantes et décolletées, posant comme dans un salon.

Lorsque le Doge Regner meurt, on n'annonce pas son décès car on est en plein carnaval et il ne faut pas troubler les festivités.

Dans un climat de fête les vénitiennes jouissent d'une totale liberté en compagnie de leurs galants.

Venise devient la capitale du plaisir.

Elle connaît un rayonnement des arts, s'épanouit dans une culture originale en mettant à profit sa beauté, sa magnificence, ses richesses amassées.

L'inutile devient indispensable. C'est un art de vivre. Les inquisiteurs, c'est à dire la police, au nombre de trois, sont puissants. Ils ont des espions dans toutes les couches de la société. Ils n'ignorent rien des agissements de chacun mais n'interviennent que pour des questions politiques et religieuses.

La musique est l'art de toutes les fêtes.
Il y a assez peu de compositeurs au 18e siècle, mais ils sont de merveilleux interprêtes.

Il y a surtout le théâtre. De véritables génies apparaissent. Carlo Goldoni (1707-1793) est le Molière vénitien.

La peinture reste cependant le plus riche héritage de ce siècle

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