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Naissance du style de RavenneL'héritage du savoir -faire des mosaïstes ravennates remontait à la Grèce où avait été mise au point la première technique des petits galets naturels blancs, beiges et gris. | | Dès le 6e siècle avant J.C. la mosaïque à base de tesselles cubiques s'impose dans les territoires hellénistiques, en Campanie, région de Neapolis (Naples) et en Anatolie (future Turquie) où elle devient d'un usage décoratif courant dans des villes prestigieuses comme Ephese, Milet. Les Romains reprirent la technique des tesselles taillées à leur compte et donnèrent à la mosaïque une valeur artistique par des compositions savantes inspirées surtout de scènes mythologiques. Au premier siècle après J.C. apparaît la mosaïque murale après celle des pavements et des sols. Les murs, les voûtes, des panneaux entiers se couvrent de mosaïques. A l'avènement du christianisme l'essor fut considérable dans les églises et tous les bâtiments religieux. Byzance, puis Ravenne donnèrent à cet art ses lettres de noblesse et le portèrent en quelques siècles à son apogée. Au 4e siècle l'art de la mosaïque est celui de l'expression par la couleur Les bleus profonds, les violets, les rouges, les jaunes d'or sont les plus employés. Le Christ est au centre de l'oeuvre, assis sur un trône, entouré des apôtres figés. Les attitudes sont hiératiques, les gestes répétitifs. Le fond de l'oeuvre est souvent bleu sombre. Les plis des vêtements sont raidis et semblent pesants. Le Christ est montré les yeux fixes, un bras levé vers le royaume de Dieu. | C'est au VIe siècle que Ravenne apporte des modifications qui conduisent à la définition d'un grand style artistique. Les nefs des églises dans leur partie supérieure sont couvertes de mosaïques figurant des cortèges en procession, des défilés rythmés. Les silhouettes sont plus élancées - les visages présentent des légères variantes - ils ne sont plus uniformes. Les regards cessent d'être inexpressifs, les yeux se tournent intensément vers l'Eternel. Pendant la crise iconoclaste, au début du 8e siècle où la figuration des icones et des images saintes est interdite, étant jugée idolâtre, la plupart des mosaïques sont détruites ou disparaîssent sous les marbres. Les fresques sont recouvertes de graffitis. | Mais de cette absence d'imagerie religieuse naîtra un art profane délicieux utilisant les thèmes champêtres, les scènes de chasse, de pêche, de la vie quotidienne. Vers 880, après cette crise, la mosaïque reprend son essor. Elle prouve magnifiquement à Sainte Sophie de Constantinople (ancienne Byzance), dans une composition exceptionnelle du Christ, une ornementation de style oriental très chargé. Les visages évoluent vers toutes les nuances de l'expression, modelés par des contrastes d'ombre et de lumière, des attitudes de grâce et de tendresse. On va d'une déperdition du sacré vers une approche de l'humain. L'humilité se substitue à la grandeur sévère. Les plis des vêtements sont rhytmés, plus amples, plus détaillés. | Aux 11 et 12e siècles, la profusion des oeuvres d'art s'étend de Constantinople à Venise. En ce qui concerne la lagune, au temps des premiers noyaux urbains, c'est bien entendu l'architecture et la mosaïque qui sont au début des manifestations de l'Art Vénitien. | Dans l'île de Torcello, les réalisations des artistes ravennates, d'inspiration byzantine, donnent une oeuvre des plus importantes : la cathédrale Santa Maria Assunta, fondée très vite, en 639, agrandie en 824, puis remaniée aux 11e et 14e siècles. Sa mosaïque la plus célèbre, le Jugement dernier, qui orne le revers de la façade, plus tardive, (11e et 12e siècles) est exécutée par des ouvriers et des verriers qui travaillent parallèlement à la Basilique San Marco. | | | | Page Suivante : Les mosaïques de Saint-Marc | | |
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