La Naissance des Confréries
C'est au 13e siècle qu'apparaissent à Venise des confréries relevant d'un mouvement médiéval de pénitents, mais qui ne pratiquaient nullement l'exercice de la pénitence corporelle.
Les Confréries étaient des corporations professionnelles de certains métiers, des associations populaires regroupant des étrangers venant d'un même pays, comme les Dalmates, les Albanais, des confréries religieuses attachées à chaque paroisse, des organisations charitables pour des actions de bienfaisance et de secours mutuel envers les pauvres, les démunis, les orphelins, les enfants illégitimes, les filles méritantes que l'on dotait pour les éloigner de la prostitution.
Ces Confréries se réunissaient pour prier en commun. Elles fournissaient des fonds à des oeuvres, finançaient les messes pour les malades, les agonisants, les défunts, et pour les péchés du monde.
Leurs biens considérables permettaient de remplir les obligations capitales et de les financer en vue de s'assurer d'un au-delà, accordé par la clémence divine.
Leurs patrimoines fonciers profitaient aux adeptes.
Les Associations étaient régies par des membres d'origine bourgeoise dont le rôle compensait un pouvoir politique auquel ils ne pouvaient prétendre, n'étant pas issus de la noblesse. Leurs habits officiels rappelaient ceux des membres des conseils du Doge.
Les scuole les plus grandes comptaient plus de cinq mille affiliés. Les contributions étaient fixées relativement à la fortune des adhérents.
Il y avait à Venise une dizaine de scuole qui, chacune vénérait un saint patron. Le saint avait sa statue au siège de l'Institution; des oeuvres picturales illustraient sa vie. Les membres principaux de l'Association y avaient aussi leurs portraits.
L'édifice-siège comprenait des salles luxueusement décorées, une chapelle, parfois un hospice. La construction était toujours à peu près la même : une grande salle d'accueil au rez-de-chaussée reliée à celle du premier étage, la sala del Capitolo, par un escalier à grand développement.
La salle de l'Albergo, pour la réunion des dirigeants était aussi au premier étage. Les oeuvres picturales de toiles et murales relataient la vie du Christ, de la Vierge, et du saint patron protecteur.
On y menait un grand train de vie.
Les scuolas (scuole en italien) jouèrent un rôle important de mécénat. Les grands architectes rivalisèrent de projets somptueux. Lombardo, Codussi, Sansovino signèrent de grandes réalisations.
Les plus grands artistes affrontèrent les concours pour avoir l'honneur d'y créer des chefs d'oeuvre : Tintoret, Carpaccio, Bellini, Titien, Veronese.
C'est Napoléon qui en 1806, supprima ces institutions de bienfaisance. Toutefois, quelques unes d'entre elles ont pû conserver leurs magnifiques décors originels.