 Alfred de Musset a 23 ans. Il est l’ami de l’écrivain et critique Sainte Beuve qui le présente à Georges Sand au cours d’un dîner littéraire organisé par la Revue des Deux Mondes. Il lui écrit sa première lettre, dans la nuit même de leur rencontre. Un mois après, le tout Paris des jugements, des ragots, des sanctions, est au courant de leur idylle. Au début tout est parfait. En août, ils essaient de s’isoler à Fontainebleau.
Sand tente d’éloigner Musset de son attirance pour le jeu, de son goût pour la débauche, qui le font condamner par une société bourgeoise. Mais ce n’est pas assez loin. Les deux amants partent pour l’Italie, le 12 décembre 1833, un peu au hasard. Ils passent quelque temps à Ferrare, puis arrivent en vue de Venise qu’ils ne connaissent pas, mais qui, de réputation est la ville des amours, des passions plus profondes, plus absolues qu’ailleurs. Ils logent à l’Albergo Danieli. Venise est alors en Carnaval, avec masques et farandoles. Fatiguée par ce long voyage, George Sand s’alite pour quelques jours. Musset, désemparé, s’en va seul vivre quelques aventures qui ne lui laissent que tristesse existentielle et mélancolie.
|
Chacun d’eux écrit fébrilement pour décrire le spleen engendré par le froid et la pluie de la ville délaissée par les visiteurs. George Sand se rétablit. Ils font la connaissance de la lagune, en barque, sans se soucier ni des jours, ni des lieux. Ils parcourent la ville dans l’admiration de son architecture unique, vont au théâtre, alternent les soupers généreux, les déjeuners oubliés.
|